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Comment prendre position face au débat des aires ouvertes en aménagement de bureaux?

Tout d’abord, si vous prévoyez prochainement un changement dans l’organisation de votre espace de travail, je vous remercie d’investir pour l’humain. L’exposition au virage numérique et à l’intelligence artificielle se propagent rapidement et j’ai parfois l’inquiétude qu’on oubli l’essentiel.

Récemment, de nombreuses compagnies ont choisi les aménagements de bureau à aire ouverte. On affirmait au départ cette solution innovante parce qu’elle favorise la collaboration, la créativité, l’engagement et une hausse de rendement. Même si nous sommes influencés positivement par de grands joueurs qui mettent de l’avant les tendances, la décision peut être difficile à prendre quand on est exposé aux points négatifs du changement. Pour vous informer à ce sujet, voici un résumé de mes découvertes :

La recherche d’isolement

Les espaces ouverts réduisent l’intimité des individus car les employés sont exposés en permanence à une proximité les uns aux autres : ils n’ont donc aucun contrôle sur leur environnement. Ceci nuit à la productivité, à la satisfaction au travail et à la cohésion d’équipe.

La hausse d’absentéisme

Les microbes se propagent beaucoup trop facilement ! Une étude scandinave1 a démontré que les personnes travaillant dans un bureau partagé à deux prenaient 50% plus de congés de maladie que celles occupant un bureau seul. Ce pourcentage passe à 62% pour les personnes travaillant dans une aire ouverte2.

La baisse de concentration

Le bruit ambiant, les interruptions, les distractions et les conversations inutiles diminuent l’efficacité des employés. Des espaces trop distrayants est source de nuisance mentale.

 

Même si je suis designer d’intérieur de formation et donc que j’adore tout ce qui est trend, je suis également une décisionnaire d’entreprise. Ce résumé de données m’enlève complètement l’envie de passer aux aménagements ouverts. Investir une somme importante, dépenser autant d’énergie dans le développement d’un long projet et consacrer beaucoup de temps sur un chantier de construction pour finalement perdre en productivité de mes employés? Non merci. Par contre, en tant qu’innovante du domaine, jamais je n’encouragerais de conserver le bureau traditionnel. Alors, que faire pour introduire une pratique qui conjugue bien-être et performance? La problématique de la conception d’espaces n’est pas la bonne question à se poser. La solution réside plutôt en plaçant l’humain au centre du processus. Par la vision de mon entreprise en faveur de cette démarche créative, je vous offre l’exemple de 3 interventions à considérer pour renverser les 3 points mentionnés ci-haut.

 

La création d’un sentiment d’appartenance

L’aspect primordial dans toutes mes créations d’espaces intérieurs publics. Lorsque l’humain se retrouve en terrain connu, sécuritaire et confortable, il optimise automatiquement sa qualité de vie et bénéficie d’une plus grande ouverture d’esprit sur son environnement avoisinant. Et oui, c’est possible d’y arriver dans un espace public, et ce peu importe le profil de l’usager. Les trois approches pour y arriver : la biophilie, la signalétique et la connexion. Pour plus de détails sur cette intervention, vous pouvez consulter l’onglet approche de mon site internet.

 

La création d’un mode de vie

Considérer des espaces communs récréatifs isolés des bureaux. Le lifestyle est devenu crucial pour séduire les jeunes travailleurs, peut-être même plus que la rémunération. La création de zones de divertissement favorise des réunions improvisées : on s’amuse en jouant au billard tout en demandant à notre collègue son opinion sur un problème qui nous semble impossible à résoudre. Des interactions avec les autres à des moments précis et opportuns. Des zones créatives délimitées, des grandes tables qui rassemblent et des espaces confortables pour se reposer. L’individu est libre de quitter son environnement de travail pour mieux le reprendre. A-t-on oublié le principe de la récréation scolaire?

 

La création d’espaces santé

Ce serait se mettre la tête dans le sable que dire de notre ère moderne qu’elle est active. La sédentarité et l’usage extrême des appareils technologiques ne facilitent pas l’activité physique. Heureusement, il y a une forte tendance du marché alimentaire pour des solutions santé. Nous sommes aussi exposés à une prise de conscience sociale et des interventions pour y remédier. Rendre accessible un espace d’entrainement en entreprise offre des bénéfices multiples tant pour l’employé que l’employeur. Des employés actifs sont jusqu’à 12% plus productifs3. Offrir des solutions pour de bonnes habitudes de vie, comme l’introduction aux paniers de fruits et la création d’espaces zen pour la médiation ou le yoga.

 

Il est évident que je vous encourage fortement à prendre un tournant dans l’organisation spatiale de vos bureaux. La meilleure avenue pour rendre votre lieu adéquat à long terme n’est ni ouvert, ni fermé. Il y a trop de facteurs qui entrent en ligne de compte : le profil de l’entreprise, la structure organisationnelle, les besoins et contraintes, les tâches quotidiennes des employés, la superficie des lieux, le statut de chaque employé, etc. À mes yeux, les seules conditions communes aux conceptions d’espaces résident en accordant l’importance à l’humain, tout en personnalisant votre image de marque et en impliquant activement vos employés vers la transformation des lieux. Nous créons des espaces qu’occupe quotidiennement l’individu, c’est tout naturel de demander une participation de sa part. Travailler PAR et POUR l’usager. Ce qu’il faut retenir c’est d’offrir un milieu de vie supérieur sans nécessairement penser seulement à la conception architecturale du lieu. Faire confiance aux créateurs pour ainsi mettre en avant plan le design comme moteur de changement. Un mélange de design thinking, design social et design d’intérieur est une très belle philosophie pour faire de votre projet une réussite!

 

 

Sources:

1 Pejtersen, Jan H., et al. (2011). « Sickness absence associated with shared and open-plan offices – a national cross sectional questionnaire survey.» Scandinavian journal of work, environment & health, pp. 376-382

2 Les effets pervers des bureaux à aire ouverte. François Normandin. Revue Gestion, HEC Montréal.

3 GymDesign, ma partenaire en création d’espaces d’entraînement physique. www.gymdesign.ca